Plateforme pour l’eau, le gaz et la chaleur
Fachartikel
26. Juni 2026

Reflets 2-2026

Ce que l’on fait à l’intérieur se voit à l’extérieur … et il faut le communiquer!

Nous pouvons déclarer sans rougir que nous faisons du très bon travail. À nous de réfléchir s’il est nécessaire et comment mieux communiquer nos résultats au grand public, en dehors d’un cadre légal.
Luca Rossi 

Le slogan «Ce qu’il fait à l’intérieur se voit à l’extérieur» a été utilisé il y a plusieurs années dans une publicité pour des yaourts français afin de montrer les bienfaits d’une alimentation équilibrée. Il résume aussi parfaitement nos activités dans l’assainissement urbain: toutes les actions menées à l’intérieur de nos réseaux (lutte contre les pollutions et les inondations, épuration, PGEE …) ont des répercussions directes sur la qualité de l’eau des lacs et des cours d’eau. De nombreuses informations permettent d’évaluer ces actions, mais leur diffusion reste encore largement limitée à un public de spécialistes.


Contrairement à l’eau potable, il n’existe pas d’obligation de publier un rapport annuel destiné au grand public sur le fonctionnement des infrastructures d’assainissement. Pourtant, la législation suisse prévoit que la Confédération et les cantons examinent les résultats des mesures prises dans le cadre de la LEaux et «informent le public sur la protection des eaux et sur l’état de celles-ci» (art. 50 LEaux). Il serait donc important de renforcer cette diffusion d’information. En Suisse, la protection et la gestion des eaux relèvent des cantons, qui disposent d’une large autonomie pour concrétiser cette communication. À Genève, par exemple, des conférences publiques régulières présentent le fonctionnement et les enjeux du système d’assainissement.
 
 
Ce que l’on fait à l’intérieur …
 
La station d’épuration constitue un élément central de l’assainissement des agglomérations. Le degré de traitement exigé est fixé par l’ordonnance sur la protection des eaux. Les autorités cantonales contrôlent régulièrement les résultats et les publient dans des rapports ou sur internet. Le Canton de Vaud publie ainsi chaque année un bilan du fonctionnement des STEP. Il ne s’agit pas de distinguer les «bons» ou «mauvais» élèves, mais d’établir un état des lieux, de suivre l’évolution et d’anticiper d’éventuels problèmes. Cette vision globale permet notamment d’identifier le vieillissement du parc des STEP et de prévoir les investissements futurs liés aux évolutions législatives. Les données sont accessibles au public, même si leur interprétation détaillée nécessite souvent une expertise technique.
Les exploitants des grandes STEP publient également des rapports d’activité comprenant des informations sur les infrastructures d’évacuation des eaux. De nombreuses communes mettent aussi à disposition des données issues des PGEE via des géoportails destinés aux administrations, aux bureaux d’ingénieurs ou au public. Là encore, une certaine expertise reste nécessaire pour interpréter correctement ces informations.
 
… se voit à l’extérieur
De nombreuses données relatives à l’état des cours d’eau sont également accessibles sur les plateformes des administrations. Chaque canton publie régulièrement l’état de ses rivières et de ses lacs. Les informations sont disponibles de manière transparente, mais leur interprétation reste souvent complexe pour les non-spécialistes.
 
En résumé
Le contrôle des performances des­ réseaux d’assainissement, des STEP etdes milieu x récepteurs est aujourd’hui structuré de manière harmonisée à l’échelle suisse, ou le sera avec la loi sur la géoinformation et les PGEE 2.0.
 
Les spécialistes disposent ainsi d’une vision claire pour planifier les actions nécessaires. Le VSA contribue à cette dynamique en développant des outils actualisés et en formant les professionnels du secteur. La population est indirectement informée par le biais de publications spécialisées cantonales ou communales.
Toutefois, ces informations restent principalement destinées à un public averti. Dans nos domaines d’activité, nous pouvons affirmer sans rougir que nous accomplissons un très bon travail: l’amélioration de l’état de notre environnement en témoigne, même si de grands défis demeurent. Reste à réfléchir à la manière de mieux communiquer ces résultats au grand public, sans attendre un cadre légal
contraignant. Vos initiatives sont les bienvenues! Après tout, si l’on peut communiquer sur les bienfaits d’un yaourt pour le corps humain, nous devrions aussi être capables de montrer les bénéfices d’un assainissement maîtrisé sur nos milieux récepteurs.
 

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