Les centrales électriques qui détournent l'eau des ruisseaux et des rivières pour produire de l'électricité doivent, selon les dispositions de la loi suisse sur la protection des eaux, laisser une partie de l'eau dans la rivière au plus tard à partir de l'octroi d'une nouvelle concession pour leurs installations, afin de protéger les cours d'eau et leurs animaux. Cette eau dite résiduelle manque alors pour la production d'électricité. Les estimations de la quantité d'électricité qui pourrait être produite à partir de l'énergie hydraulique sans ces dispositions relatives aux débits résiduels divergent fortement et reposaient jusqu'à présent sur des données lacunaires, a indiqué mardi l'Institut fédéral de recherche sur l'eau (Eawag).
C'est la première fois que les chercheurs de l'Eawag, en collaboration avec ceux de l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) et de l'Université de Berne, chiffrent cette baisse de production due aux débits résiduels. L'analyse se base sur une nouvelle base de données contenant des informations juridiques, hydrologiques et techniques sur 252 grandes centrales hydroélectriques. Ces installations couvrent environ 84 pour cent de la production hydroélectrique nationale actuelle.
Le résultat: aujourd'hui, environ 1100 gigawattheures (GWh) d'électricité sont perdus à cause des débits résiduels. Cela correspond à environ 3 pour cent de la production annuelle attendue de l'énergie hydraulique en Suisse.
Selon l'Eawag, les nouveaux calculs sont particulièrement pertinents dans le contexte des années à venir. La stratégie énergétique de la Confédération exige un nouveau développement de l'énergie hydraulique d'ici 2050. Il existe donc des craintes qu'un débit suffisant de ce débit résiduel s'accompagne d'une diminution de la production.
D'ici 2050, les concessions de nombreuses grandes centrales hydroélectriques arriveront également à échéance. Lors de l'octroi de nouvelles concessions, les dispositions relatives aux débits résiduels de la loi sur la protection des eaux (LEaux) de 1992 doivent être prises en compte.
C'est précisément sur ce point que les politiques craignaient des pertes importantes. Ainsi, par exemple, la Commission de l'environnement et de l'énergie du Conseil national a demandé en 2023, dans un postulat, d'examiner une adaptation des lois. Le postulat a été adopté. Le rapport d'examen correspondant n'a toutefois pas encore été publié.
Les nouvelles simulations montrent désormais que même en appliquant strictement les prescriptions légales minimales, il n'en résultera d'ici 2050 que des réductions supplémentaires de la production d'environ 480 gigawattheures par an.
Par rapport à l'objectif de développement de l'énergie hydraulique d'environ 39'000 gigawattheures en 2050, cela correspond à une réduction supplémentaire de moins de deux pour cent. Au total - en incluant les effets actuels - l'influence des dispositions relatives aux débits résiduels est d'environ quatre à cinq pour cent de la production attendue.
Selon les chercheurs, ces nouveaux chiffres relativisent également les craintes exprimées lors de l'introduction de la loi sur la protection des eaux en 1992. A l'époque, la Confédération et le Parlement s'attendaient donc à une diminution de la production d'environ 4000 GWh par an au total, ce qui correspondait à 12 pour cent de la production attendue à l'époque.
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