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29. octobre 2026

Swiss EurEau Water Summit 2026

«Water first!»

Il faut agir, et maintenant. La sécheresse qui sévit actuellement en Suisse et dans d’autres pays européens l’a montré de manière saisissante. Les problèmes auxquels sont confrontées les entreprises de distribution d’eau sont connus, tout comme les solutions. Mais il faut aussi la volonté politique de relever ces défis. Tous les participants au Swiss EurEau Water Summit s’accordaient sur ce point. La participation record a souligné l’urgence du thème « L’eau sous pression ». La toujours charmante Christa Rigozzi a animé la rencontre.

« C’est souvent la perte qui nous apprend la valeur des choses », disait Arthur Schopenhauer. Michael Meier, directeur du SVGW, a cité le philosophe lors du Swiss EurEau Water Summit au Technopark de Zurich. Les plus de 400 personnes venues de Suisse et de l’étranger n’ont pu qu’approuver ce sage constat. Qu’elles représentent des entreprises de distribution d’eau, les autorités, la recherche ou l’assainissement, elles savent bien qu’il a fallu l’été caniculaire record de 2026 et la sécheresse qui perdure pour que la question de l’eau, et de l’eau potable en particulier, soit prise en compte sur le plan politique et attire l’attention des médias. La volonté politique est indispensable pour renforcer durablement l’approvisionnement en eau et s’attaquer à des problèmes tels que les PFAS et les nitrates dans les eaux souterraines, l’évacuation trop rapide des eaux pluviales, l’absence de délimitation des aires d’alimentation ou l’interconnexion insuffisante des réseaux de distribution d’eau pendant les périodes de sécheresse.

Chaque entreprise de distribution d’eau est différente, avec ses forces et ses faiblesses

Chaque pays possède son propre système de distribution d’eau, avec ses forces et ses faiblesses. Malte, pauvre en eau, ne peut ainsi être comparée à l’Écosse, qui en est riche. Tandis que la première se bat pour chaque goutte, localise et répare immédiatement les fuites et mise sur la participation de sa population ainsi que sur des compteurs intelligents, les Écossais bénéficient d’une eau potable abondante et de qualité, gérée de manière centralisée par l’entreprise publique Scottish Water. La situation est tout autre en Suisse, souvent qualifiée de château d’eau: son système décentralisé compte quelque 2400 entreprises de distribution d’eau, dont presque aucune ne ressemble à une autre. À Bâle, par exemple, les eaux souterraines sont alimentées avec de l’eau du Rhin, puis traitées au charbon actif. En ville de Berne, en revanche, la pureté de l’eau potable rend tout traitement inutile, tandis que, dans le Seeland bernois, certains captages d’eau potable doivent être abandonnés en raison de contaminations chimiques. Aux Pays-Bas, la situation est encore différente, tout comme en Italie et en Allemagne.

L’eau ne connaît pas de frontières

De nombreux éléments séparent les pays, mais un les unit: l’eau. Elle ne connaît pas de frontières et pourtant, son organisation et son utilisation diffèrent d’un pays à l’autre. Cela tient à la topographie, aux réglementations, aux valeurs maximales fixées, aux infrastructures et à l’intérêt politique. Ce dernier est particulièrement marqué lors d’événements météorologiques extrêmes, comme la sécheresse de cette année, qui se poursuit et entraîne de faibles niveaux des eaux souterraines, des lacs et des cours d’eau. Cette situation doit changer: les intervenants du Summit étaient unanimes sur ce point. L’eau n’est pas un secteur isolé, mais une question intersectorielle qui concerne toutes et tous. Elle est le fondement de notre vie et mérite la place qui lui revient dans la politique et la société.

Les problèmes propres à chaque pays, qu’il s’agisse des PFAS, des nitrates, de la sécheresse ou des infrastructures, sont connus. Il est maintenant temps d’agir, comme l’a demandé Pär Dalhielm, président d’EurEau, la fédération européenne des associations nationales des services d’eau et d’assainissement. Comme il n’existe pas de solution européenne unique adaptée à tous les pays, les échanges sont d’autant plus importants, tant au niveau international, comme lors du congrès EurEau, qu’au niveau national avec tous les acteurs de la gestion des eaux: Confédération, cantons, communes, distributeurs d’eau, associations d’assainissement, agriculture, industrie, recherche, organisations environnementales, etc.

«It's urgent, so urgent»

Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons faire bouger les choses. Par exemple en désimperméabilisant les villes ou en renaturant les cours d’eau. Pendant longtemps, la Suisse a eu trop d’eau. Les rivières ont été rectifiées afin que l’eau s’écoule le plus rapidement possible et ne provoque pas d’inondations. «Nos grands cours d’eau sont de véritables autoroutes», a expliqué avec force Stefan Hasler, directeur du VSA. Cette époque d’abondance est révolue et nos températures estivales ressemblent désormais à celles d’Afrique du Nord. Le changement climatique est déjà là, il n’appartient pas à un avenir lointain. Il est donc «urgent, so urgent» d’agir, comme le chantait le groupe de rock Foreigner dans son tube du début des années 1980. Ville éponge, territoire éponge et revitalisation sont les solutions, mises en œuvre par l’être humain ou par le castor, pour retenir les eaux pluviales, favoriser leur infiltration et relever ainsi le niveau des eaux souterraines. Stefan Hasler a encore souligné cette urgence par un solo de saxophone passionné au milieu de la chanson précitée.

Une question d’attitude

Il faut de la passion et de la volonté pour atteindre les trois pôles de la Terre: le pôle Sud, le pôle Nord et le sommet de l’Everest. Evelyne Binsack y est parvenue, même si les perspectives de sauvetage ont parfois été minces. Cela exige de la préparation, de l’acclimatation et de l’équipement, mais pas seulement. Il faut aussi une volonté sans faille. Evelyne Binsack en est convaincue: «Relever des défis extrêmes est une question d’attitude.»

Collaboration et échanges constants

Les entreprises de distribution d’eau connaissent leurs défis, mais il ne suffit pas qu’elles seules en aient conscience. La collaboration, les échanges et la connaissance des défis à venir doivent être partagés par toutes les parties prenantes. Les participants à la table ronde finale l’ont tous confirmé: Pär Dalhielm (EurEau), Pablo Micallef (Malte), Sarah Gilman (Scottish Water), Anja Herlyn (VSA) et Raffaele Domeniconi (SVGW).

Ank

Qu’en est-il de la protection et de la résilience de la distribution de l’eau ?

Il n’existe pas de réponse simple à cette question. Il n’existe pas non plus UN modèle unique d’approvisionnement en eau. Il est donc d’autant plus important de s’inspirer des solutions et des démarches d’autres acteurs et de partager ses propres enseignements, comme lors du Swiss EurEau Water Summit.

Dans le premier bloc thématique, Ondrej Benes a présenté l’approche tchèque visant à concilier l’agriculture et l’eau. Martin Weyand, du BDEW, a évoqué le casse-tête allemand de l’azote, dont les pièces sont difficiles à assembler. Les pesticides dans les eaux suisses constituent un défi permanent, a déclaré Juliane Hollender, de l’Eawag. Elle a présenté les programmes nationaux d’observation NAQUA et NAWA, qui fournissent en continu des informations sur la qualité et la quantité des eaux souterraines (NAQUA) et des eaux de surface (NAWA).

Le deuxième bloc thématique a présenté des solutions et des pistes pour briser la spirale des PFAS. Patrice Eschmann, de l’OFEV, a exploré les possibilités réglementaires en Suisse, tandis que Koen Zuurbier a présenté celles mises en œuvre aux Pays-Bas et les enseignements qui en ont été tirés. Thomas Meier, de l’IWB, a montré de manière saisissante comment différentes solutions d’élimination en bout de chaîne des polluants persistants ont été testées à Bâle. Il a abordé tant les défis techniques que les aspects financiers.

Le dernier bloc thématique a porté sur le changement climatique et sur les mesures à prendre dès aujourd’hui pour pouvoir réagir à tout moment aux sécheresses et aux fortes précipitations. Daniel Barbone a présenté la gestion intelligente de l’eau face au climat appliquée dans le Piémont. Stefan Hasler a, quant à lui, plaidé avec conviction pour le rétablissement de l’équilibre du cycle naturel de l’eau au moyen de villes et de territoires éponges.

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