Plateforme pour l’eau, le gaz et la chaleur
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05. septembre 2026

Traduction automatique - texte original en allemand


Projet FNS «Heat-Down»

Réduction de la chaleur urbaine - l'importance de l'eau

Les vagues de chaleur frappent la Suisse de plus en plus tôt et de plus en plus fort. Le début de l’été 2026 en a apporté la preuve la plus récente, avec un nouveau record de chaleur dans une grande partie de l’Europe occidentale. Parallèlement, les villes se densifient vers l’intérieur, là où la chaleur s’accumule le plus sur les surfaces imperméabilisées. Au cours des quatre dernières années, le projet FNS «Heat-Down» s’est penché sur les questions suivantes: dans quelle mesure l’eau contribue-t-elle au rafraîchissement lors d’épisodes de chaleur? Quelle quantité d’eau est nécessaire pour obtenir des effets perceptibles? Et qu’entend-on par «justice thermique» ?
Peter M. Bach, Max Maurer, Jixuan Chen, João P. Leitão, Lucas Gobatti 

L'avenir de l'assainissement urbain est soumis à des pressions de différentes parts. D'un côté, le développement vers l'intérieur concentre de plus en plus de personnes sur des surfaces imperméabilisées qui se réchauffent fortement sous l'effet du rayonnement solaire. D’autre part, ce sont précisément ces surfaces imperméabilisées qui perturbent le cycle naturel de l’eau et favorisent le ruissellement en cas de fortes pluies. L’imperméabilisation constitue donc à la fois un problème de drainage et un problème de chaleur, et ces deux défis frappent de plein fouet les villes suisses en pleine expansion.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes: l’Europe se réchauffe environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale et se situe aujourd’hui à environ 2,5 °C au-dessus du niveau préindustriel [1]. En Suisse, environ 542 décès ont été attribués à la chaleur pour la seule année 2023 [2]. Les nouveaux scénarios climatiques CH2025 confirment la tendance: davantage de journées de canicule et de nuits tropicales, des étés plus secs et des précipitations extrêmes plus intenses [3]. La canicule n’est donc plus un problème d’un avenir lointain, mais une question qui doit être prise en compte dès aujourd’hui dans la planification.

C’est là qu’ réside une opportunité souvent négligée: l’eau de pluie, qui est aujourd’hui généralement évacuée le plus rapidement possible, constitue, si elle est retenue de manière ciblée, un moyen de refroidissement passif efficace pour la ville. C’est précisément sur ce principe que repose le concept de «ville-éponge»: les précipitations sont stockées sur place et réintroduites dans le cycle local de l’eau par évaporation ou infiltration. Une contrainte devient ainsi une ressource. La littérature montre clairement que les infrastructures bleues et vertes (IBV) peuvent avoir un effet considérable sur la réduction de la chaleur: leurs principaux mécanismes de refroidissement sont avant tout l’évaporation et la réduction de la chaleur stockée dans les surfaces urbaines grâce à l’ombrage [4].

Le projet «Heat-Down» de l’Eawag et de l’ETH Zurich, financé par le Fonds national suisse (FNS), a étudié de manière systématique ce lien entre l’eau et la réduction de la chaleur. Cette approche associe deux volets complémentaires: d’une part, le perfectionnement de modèles rapides et adaptés à la pratique pour la simulation microclimatique; d’autre part, l’intégration d’un large éventail de mesures de réduction de la chaleur. Cette dernière va de la végétalisation des bâtiments à l’arrosage opérationnel, en passant par la question d’une répartition spatiale équitable du refroidissement (voir également la fig. 1).

Des modèles climatiques rapides comme base de planification

Avant d’affecter un espace urbain déjà rare à une mesure climatique, il convient de savoir ce qui fonctionne et où. Les modèles à haute résolution tels que ENVI-met [10] ou les approches CFD [11] fournissent certes des résultats physiquement détaillés, mais ils nécessitent d’importantes ressources de calcul et de données pour des villes entières. Cela limite leur applicabilité lorsqu’il s’agit d’explorer de nombreux scénarios d’aménagement. C’est précisément cette lacune que comble le modèle TARGET (The Air-temperature Response to Green/blue-infrastructure Evaluation Tool) [12], perfectionné dans le cadre du projet. TARGET ne nécessite que peu de données d’entrée: la proportion de couverture du sol, la géométrie des bâtiments et des données météorologiques standard. Il modélise la ville à l’aide d’une grille d’une résolution de 30 × 30 m et avec un pas temporel fin. À Zurich, le modèle a été validé à l’aide de deux réseaux de stations météorologiques privées à haute résolution. Les résultats montrent que TARGET reproduit bien les différences de température au cœur de la ville (r = 0,95; erreur moyenne d’environ 2,2 °C) [13, 14]. Une analyse de sensibilité a montré que la géométrie de l'espace routier (le rapport entre la hauteur des bâtiments et la largeur des rues) et les propriétés thermiques des surfaces en béton sont les facteurs qui influencent le plus la chaleur en centre-ville. De plus, les températures modélisées peuvent être associées à des données sur la fréquentation piétonne. Cela permet non seulement de mettre en évidence les lieux les plus chauds, mais aussi ceux où l’exposition humaine est la plus forte, ce qui place les personnes concernées au cœur de la planification [14].

Afin de rendre le modèle facilement accessible dans la pratique, TARGET a été intégré sous forme de plugin librement accessible à l’outil open source UMEP (Urban Multi-scale Environmental Predictor – voir encadré «Remerciements et logiciels») pour la plateforme SIG QGIS et peut être utilisé sans connaissances en programmation [15]. Le flux de travail va du traitement des données à la simulation et à la cartographie des points chauds, en passant par la comparaison directe de scénarios.

Une étude de cas portant sur Zurich illustre ce potentiel. Une végétalisation ciblée, associée à un arrosage, a permis de réduire l’étendue des points chauds d’environ deux tiers [15] (Fig. 2). Toutefois, les quartiers densément bâtis et situés en hauteur sont restés chauds, car il est difficile d’y modifier la couverture du sol. Cette limite peut être contournée grâce à un refroidissement opérationnel, décrit dans le chapitre «Le refroidissement opérationnel: humidification des surfaces».
La rapidité des calculs a toutefois un prix: TARGET ne tient pas compte du brassage horizontal de l’air (advection), et les interventions testées sont idéalisées. Les effets de refroidissement calculés doivent donc être considérés comme des valeurs indicatives maximales.

Refroidissement structurel: les arbres

Les arbres constituent le levier infrastructurel le plus efficace pour le refroidissement, car ils fournissent de l’ombre tout en évaporant de l’eau par leurs feuilles. Deux facteurs sont régulièrement sous-estimés dans ces performances de refroidissement: la disponibilité en eau et le temps.

Eau

Des simulations multi-échelles avec validation empirique montrent que le refroidissement par évaporation est au moins aussi efficace que l’ombrage, à condition que le sol soit humide [16]. Si l’irrigation maintient le sol à sa capacité au champ et si le couvert forestier est suffisant, il est possible d’atteindre un état «sans stress thermique» dans les zones à faible densité de construction lors de journées d’été moyennes. Dans une zone ouverte et peu bâtie (généralement désignée dans la littérature comme la zone climatique locale LCZ 6 [9]), environ six arbres suffisent à cet effet. Dans une zone ouverte à bâtissage modéré (LCZ 5), il en faut environ 26 ou plus, et ce uniquement en cas d’irrigation active [16].

Dans les zones les plus denses (les plus compactes) (LCZ 2), cet état «sans stress thermique» était en revanche pratiquement impossible à atteindre. Lors d’une journée de chaleur extrême, même une couverture de cimes maximale et une irrigation à plein débit ne suffisaient pas à éliminer complètement le stress thermique; il était toutefois possible de réduire l’intensité de ce stress, le faisant passer de «très fort» à «fort». Il est intéressant de noter que l’évaporation peut contribuer davantage au confort thermique qu’on ne le pensait jusqu’à présent, mais uniquement tant que l’humidité du sol reste au-dessus d’un seuil critique [16]. L’humidité du sol est donc le facteur limitant et doit être explicitement prise en compte dans la planification.

Temps

Les données satellitaires permettent de quantifier le temps nécessaire à une végétalisation pour fournir une capacité de refroidissement stable; le projet introduit à cet effet le terme Cooling Establishment Time [7]. Les arbres et les plantes grimpantes ont besoin d’environ sept à dix ans, tandis que les pelouses ou les systèmes irrigués ne nécessitent qu’un à trois ans. L’irrigation accélère à la fois la mise en place et le refroidissement. Voir également à ce sujet la figure 3.

En d’autres termes: le refroidissement issu des plantations d’aujourd’hui ne produira pleinement ses effets que dans une décennie. Ce constat est un élément central lorsqu’il s’agit d’atténuer rapidement une vague de chaleur aiguë. C’est précisément là qu’intervient un argument en faveur du rafraîchissement opérationnel: des systèmes irrigués, qui s’établissent rapidement, peuvent faire le pont jusqu’à ce que les arbres plantés déploient pleinement leur effet.

En Suisse, ce constat revêt une importance particulière: les arbres de rue situés dans des zones densément urbanisées n’atteignent souvent que 20 à 25 ans. Il est donc essentiel de permettre une croissance optimale des arbres: Ainsi, dans son approche «Ville-éponge pour les arbres», la ville de Berne recommande de prévoir, dans la mesure du possible, environ 36 m3 d’espace racinaire, eau stockée comprise, par arbre, alors qu’aujourd’hui, dans de nombreux endroits, seule une fraction de cet espace est disponible [17]. 

Deux limites subsistent: les groupes d’arbres simulés correspondent à des cas idéaux et favorables, et l’effet de refroidissement se fait surtout sentir directement sous la canopée, et très peu dans les environs plus éloignés. Les valeurs répertoriées dans la figure 3 et le tableau 1 doivent donc être considérées comme des potentiels.

Tableau 1: Comparaison des mesures de refroidissement structurelles et opérationnelles (Synthèse des deux thèses; les valeurs doivent être considérées comme des ordres de grandeur et des potentiels)
Caractéristique Arbres/IBV (structurel) Humidification de la surface (opérationnel)
Mécanisme de refroidissement dominant Ombrage et évaporation (évapotranspiration) Évaporation à partir de la surface humidifiée
Effet de refroidissement (ordre de grandeur) Jusqu’à environ 5 °C de température de l’air localement; «pas de stress thermique» possible lors de journées moyennes [14, 16] Jusqu’à environ 2 °C de température de l’air et environ 15 °C de température de surface [18]
Délai avant l’effet maximal Arbres: environ 7 à 10 ans; arrosés/pelouse: environ 1 à 3 ans [7] Immédiat (à la demande)
Besoins en eau en fonction de l’humidité du sol; l’arrosage jusqu’à la capacité au champ est déterminant [16] 2 à 5 mm/jour sont efficaces; ce qui correspond, en cas d’application à grande échelle, à environ 30 à 200 l/personne/jour [18]
Convient particulièrement aux Zones urbanisées peu denses offrant un espace de plantation et présentant un risque élevé de canicule Gorges urbaines denses sans espace de plantation
Limites Mise en place lente; insuffisante à elle seule en cas de chaleur extrême [16] Eau potable uniquement à titre exceptionnel, des sources d’eau alternatives sont nécessaires [18]

Refroidissement opérationnel: Humidification des surfaces

Là où la végétalisation n’est pas possible, par exemple dans les canyons urbains étroits ou sur des surfaces sans espace de plantation, l’humidification des revêtements peut fournir un refroidissement par évaporation à la demande. L’humidification active est par ailleurs une ancienne tradition estivale, pratiquée depuis des siècles au Japon sous le nom d’«Uchimizu».

Des essais et des modélisations montrent que l’humidification de surfaces imperméables permet de réduire la température de surface jusqu’à 15 °C et la température de l’air jusqu’à 2 °C [18].
Le projet a étudié les quantités d’eau à utiliser, le moment et la fréquence d’arrosage à l’aide d’une optimisation multicritères. Cette méthode identifie les stratégies qui équilibrent de manière optimale l’effet de refroidissement et la consommation d’eau, et couvre ainsi 48 combinaisons issues de six types de climat global et de huit zones climatiques locales.

Trois conclusions revêtent une importance particulière pour la pratique [13]. Premièrement, des quantités d’eau modérées, de l’ordre de 2 à 5 mm par jour, permettent d’exploiter la majeure partie du potentiel de refroidissement; au-delà, le bénéfice supplémentaire diminue rapidement. Deuxièmement, le moment et la fréquence sont plus importants que la quantité brute: un arrosage fréquent et bien cadencé avec peu d'eau est plus efficace que des apports rares et intensifs. Troisièmement, le climat ambiant détermine l’ampleur du refroidissement possible (les conditions de chaleur sèche offrent le plus grand potentiel), tandis que la géométrie de l’espace routier détermine le moment optimal.

Cela soulève la question de la consommation d’eau: une application à grande échelle correspond, selon la surface arrosée, à environ 30 à 200 litres par personne et par jour [13]. Il s’agit là de quantités substantielles, qui coïncident souvent avec des périodes de sécheresse, comme ce fut le cas lors de la canicule de l’été 2026. L’eau potable n’entre donc en ligne de compte que dans des cas particuliers (par exemple, un réseau d’approvisionnement en eau de lac bien développé). La faisabilité de telles mesures dépend des sources d’eau disponibles. L’eau de pluie stockée, provenant par exemple d’un bassin de rétention ou d’un étang, est idéale à cet effet. C’est là que le principe de la «ville-éponge» s’applique directement dans la pratique: l’eau de pluie stockée est utilisée de manière ciblée pour le rafraîchissement lors des journées de forte chaleur.
En Suisse, de telles mesures sont déjà à l’essai. La ville de Zurich a intégré la réduction de la chaleur dans ses plans d’aménagement [19] et teste notamment des applications de pulvérisation et d’humidification des revêtements dans l’espace public. «Heat-Down» fournit à cet effet la base quantitative: le «combien, quand et à quelle fréquence».

Le message central du projet devient ainsi concret: la végétalisation structurelle et l’arrosage opérationnel ne sont pas des alternatives, mais se complètent. Là où l’espace et le temps manquent pour planter des arbres, l’humidification prend le relais; là où les arbres peuvent pousser, l’eau stockée garantit leur effet rafraîchissant (Fig. 4).

Équité thermique: du rafraîchissement pour tous

Les mesures de lutte contre la chaleur se disputent un espace, une eau et des ressources limités. Le «où» et le «qui en profite» deviennent ainsi des questions de planification. Le risque lié à la chaleur est réparti de manière inégale: il résulte à la fois de l’exposition à la chaleur et de la vulnérabilité des personnes concernées. Les lieux où les arbres rafraîchissent le plus efficacement ne coïncident pas nécessairement avec ceux où leur impact est le plus important.

Afin de réduire au mieux le risque de canicule, un système d’aide à la décision spatiale a été développé dans le cadre du projet [8]. Il associe l’évolution modélisée du confort thermique (mesurée à l’aide de l’Universal Thermal Climate Index, UTCI) à un indice de risque de chaleur (conformément au cadre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [20]), ainsi qu’à l’espace disponible pour la plantation, au ruissellement des eaux pluviales et à l’humidité du sol. Il en résulte une évaluation agrégée de la justice thermique. Cela permet d’identifier les sites où les arbres et l’eau apportent la plus grande contribution.

Les résultats pour Zurich sont résumés dans la figure 5. Une augmentation ciblée de la couverture de la canopée de seulement 5 % suffirait déjà, lors d’une journée d’été moyenne, à protéger passivement environ 27'000 personnes particulièrement vulnérables, de sorte qu’elles ne soient exposées à «aucun stress thermique». Avec un arrosage actif, ce chiffre passe à environ 78'000 [8].

Avec la seule eau de pluie passive, les bénéfices sont faibles et dispersés dans l’espace, notamment parce que les précipitations et les vagues de chaleur ne coïncident souvent pas dans le temps. L’arrosage est donc indispensable. On observe ici un conflit d’objectifs sur le plan spatial: les grands groupes d’arbres peuvent surtout être implantés dans les zones à faible densité de construction, tandis que l’eau de pluie disponible de manière passive est justement la plus abondante dans les quartiers denses et situés en contrebas, là où les eaux de ruissellement convergent [8]. Dans les quartiers les plus denses, l’espace nécessaire à l’implantation de groupes d’arbres efficaces fait défaut, de sorte que des mesures opérationnelles doivent combler cette lacune (cf. chap. «Refroidissement opérationnel: humidification des surfaces»).

Ce concept va délibérément au-delà de la simple exposition. La justice thermique englobe la répartition du rafraîchissement, la reconnaissance des vulnérabilités structurelles et la capacité réelle des personnes à fonctionner dans des conditions de chaleur [8]. À cela s’ajoute l’avertissement concernant un «déplacement thermique»: certaines mesures ont également des conséquences involontaires, comme par exemple la gentrification d’un quartier due à sa revalorisation grâce à des infrastructures bleues et vertes attrayantes. Un rafraîchissement efficace ne doit donc pas être évalué uniquement en fonction de son impact local.

Conclusions issues de quatre années de recherche

Trois conclusions peuvent être tirées de ce projet:

1. Combiner les mesures

Les approches structurelles et opérationnelles doivent se compléter. Les arbres ont un effet à long terme et multifonctionnel. L’humidification des revêtements assure un rafraîchissement immédiat et ciblé, même aux endroits où il n’est pas possible de planter des arbres.

2. Briser les cloisonnements

L’eau est le paramètre déterminant. La ville-éponge allie protection contre les inondations et atténuation de la chaleur. C'est pourquoi le Plan général d’évacuation des eaux (PGEE) et la planification technique des eaux pluviales doivent être indissociablement associées à la planification de l'atténuation de la chaleur et de la plantation d'arbres en milieu urbain.

3. Utiliser les modèles en toute transparence

Des modèles rapides et validés rendent la planification plus précise. Leurs limites, telles que la sous-estimation de la chaleur nocturne, la conception basée sur des journées isolées et des géométries simplifiées, doivent toutefois être prises en compte de manière intelligente dans la prise de décision.

Le contexte institutionnel est plus favorable que jamais. Le concept de ville-éponge de l’OFEV [5], qui s’appuie sur la directive de la VSA «Gestion des eaux usées par temps de pluie» [21] et le guide du GEP [22], offre une approche intégrée. Celle-ci combine l’évaporation, l’infiltration et la rétention, et permet de quantifier plus précisément le bilan hydrique. Parallèlement, plusieurs villes élaborent des plans sectoriels correspondants pour les eaux pluviales, la réduction de la chaleur et les arbres urbains. Il est désormais essentiel non seulement d’inscrire la réduction de la chaleur dans ces plans sectoriels, mais aussi de l’ancrer de manière juridiquement contraignante dans les plans directeurs et d’aménagement, ainsi que dans des instruments tels que le règlement de construction et de zonage. C’est la seule façon de garantir que les infrastructures bleues et vertes soient mises en place de manière systématique et non pas au cas par cas. Cela offre l’opportunité de planifier la réduction de la chaleur de manière intégrée et interdisciplinaire, en associant les génie civil, les espaces verts urbains et la gestion de l’eau.

La principale question en suspens concerne le passage du stockage de l’eau à la réduction ciblée de la chaleur. Il convient en outre d’étudier la dynamique des vagues de chaleur s’étendant sur plusieurs jours et la transposabilité de ces mesures à d’autres villes. La gestion des eaux urbaines doit ici apporter son expertise technique et ses compétences en matière de planification, car c’est précisément à cette interface que se décidera si les «eaux usées non polluées» d’hier deviendront la réduction de la chaleur de demain.

Bibliographie

[1] Copernicus Climate Change Service (2026): European State of the Climate 2025. Copernicus Climate Change Service (C3 S), implemented by ECMWF, with WMO

[2] BAFU (2025): Klima-Risikoanalyse fĂĽr die Schweiz. Bundesamt fĂĽr Umwelt (BAFU): Bern

[3] Bundesamt fĂĽr Meteorologie und Klimatologie MeteoSchweiz (2025): Klimaszenarien CH2025. ZĂĽrich

[4] Probst, N., et al. (2022): Blue Green Systems for urban heat mitigation: mechanisms, effectiveness and research directions. Blue-Green Systems, 4(2): p. 348–376

[5] BAFU (2025): Konzept Schwammstadt. Bundesamt fĂĽr Umwelt, Bern.

[6] Bröde, P., et al. (2012): Deriving the operational procedure for the Universal Thermal Climate Index (UTCI). International journal of biometeorology. 56(3): p. 481–494

[7] Gobatti, L., et al. (2003): Using satellite imagery to investigate Blue-Green Infrastructure establishment time for urban cooling. Sustainable Cities and Society. 97: p. 104 768

[8] Gobatti, L. (2026): Urban greenery and water management to operationalise Thermal Justice. ETH ZĂĽrich: ZĂĽrich

[9] Stewart, I.D.; Oke, T.R. (2012): Local climate zones for urban temperature studies. Bulletin of the American Meteorological Society. 93(12): p. 1879–1900

[10] Bruse, M. (2004): ENVI-met 3.0: updated model overview. University of Bochum. Retrieved from: www. envi-met. com. 3

[11] Back, Y., et al. (2023): Integrating CFD-GIS modelling to refine urban heat and thermal comfort assessment. Science of the Total Environment. 858: p. 159 729

[12] Broadbent, A.M., et al. (2019): The air-temperature response to green/blue-infrastructure evaluation tool (TARGET v1. 0): an efficient and user-friendly model of city cooling. Geoscientific Model Development. 12(2): p. 785–803

[13] Chen, J. (2026): Model-based planning support for urban heat mitigation through water-driven cooling strategies. ETH ZĂĽrich: ZĂĽrich

[14] Chen, J., et al. (2024): Investigating the efficacy of a fast urban climate model for spatial planning of green and blue spaces for heat mitigation. Science of The Total Environment. 955: p. 176 925

[15] Chen, J., et al. (2026): An open-source GIS user interface for the TARGET climate model in the Urban Multi-scale Environmental Predictor (UMEP) tool. Environmental Modelling & Software: p. 107 043

[16] Gobatti, L., et al. (2025): Impact of soil moisture content on urban tree evaporative cooling and human thermal comfort. npj Urban Sustainability. 5(1): p. 26

[17] Stadt Bern: Schwammstadt für Bäume. Stadtgrün Bern: Bern

[18] Chen, J., et al. (2025): Modelling pavement watering effects on urban heat mitigation with a fast urban climate model. Sustainable Cities and Society. 124: p. 106 313

[19] Stadt ZĂĽrich (2020): Fachplanung Hitzeminderung. Stadt ZĂĽrich: ZĂĽrich

[20] IPCC (20 23): Climate Change 2023: Synthesis Report. Contribution of Working Groups I, II and III to the Sixth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change. Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC): Geneva, Switzerland

[21] VSA (2019): Richtlinie «Abwasserbewirtschaftung bei Regenwetter». Verband Schweizer Abwasser- und Gewässerschutzfachleute (VSA): Glattbrugg

[22] VSA (2025): Leitfaden GEP. Verband Schweizer Abwasser- und Gewässerschutzfachleute (VSA): Glattbrugg

 

Termes

Ville-éponge

Concept selon lequel les précipitations sont absorbées et stockées sur place à la manière d’une éponge, puis restituées progressivement par évaporation, d'infiltration et de rétention, utilisé pour réduire les inondations et la chaleur, favoriser la biodiversité et améliorer la qualité de vie en milieu urbain [5].

Infrastructures bleues et vertes (IBV)

Éléments planifiés de manière stratégique, à base de végétation ou d’eau, présentant un potentiel en matière de services écosystémiques et permettant une meilleure interconnexion des espaces naturels [4].

UTCI (Universal Thermal Climate Index)

Indice mesurant la contrainte thermique subie par l’être humain, qui combine la température, l’humidité, le vent et le rayonnement. Cet indice est divisé en classes de contrainte; la classe «sans stress thermique» correspond à un UTCI compris entre +9 et +26 °C, pour laquelle il n’y a pas de contrainte thermique significative [6].

Cooling Establishment Time (CET)

Temps nécessaire à la végétalisation pour atteindre une capacité de refroidissement stable [7].

Justice thermique (Thermal Justice)

Réduction des risques liés à la chaleur grâce à une répartition équitable du refroidissement, à la prise en compte des vulnérabilités et à la capacité de fonctionner en toute sécurité sous la chaleur, sans transférer les charges sur le plan spatial, temporel ou technologique [8].

Zone climatique locale (LCZ, Local Climate Zone)

Classification standardisée des zones urbaines et naturelles en fonction de leur comportement thermique, dérivée de la densité de construction, de la hauteur des bâtiments et de la couverture de surface. Les types d’aménagement vont des immeubles de grande hauteur compacts aux quartiers à faible densité. Dans l’article, LCZ 2 désigne les zones densement bâties, LCZ 5 les zones ouvertes de moyenne hauteur et LCZ 6 les zones ouvertes à faible hauteur [9].

Uchimizu

Pratique estivale traditionnelle japonaise consistant à asperger d'eau les rues et les places afin de rafraîchir localement par évaporation et de retenir la poussière.

Le jeu de société « Thermal Justice »

Comment répartir équitablement le rafraîchissement lorsque l’eau, l’espace, l’énergie et l’argent sont rares ? Dans le cadre de ce projet, le jeu de simulation coopératif «Thermal Justice» a été créé. Un groupe de joueurs gère cinq quartiers et tente, au fil de plusieurs manches, de protéger autant de personnes que possible contre la chaleur, tandis que des cartes «événement» simulent des vagues de chaleur et des pénuries. Le plateau de jeu s'inspire d'un tableau de projet architectural. La situation de départ a été délibérément choisie pour être exigeante: la justice thermique est atteinte dans environ une partie sur cinq – mais uniquement grâce à une bonne coordination et à des priorités claires. Le jeu a été testé aussi bien lors d’un séminaire de l’Eawag qu’avec des étudiants au Brésil et en Colombie. Il permet de faire l’expérience des arbitrages qui se cachent derrière la carte de figure 5.

Le matériel de jeu peut être obtenu via le lien suivant : https://doi.org/10.3929/ethz-c-000796393

Remerciements et logiciels

Le projet «Heat-Down» a été financé par le Fonds national suisse (n° de projet: 200 021_201 029). Le modèle TARGET et le plugin UMEP pour QGIS sont disponibles gratuitement (open source – téléchargement et installation via le lien: https://umep-docs.readthedocs.io/) et permettent aux spécialistes de simuler leurs propres scénarios.

Les résultats sont tirés des thèses de Jixuan Chen et Lucas Gobatti (ETH Zurich). Nos remerciements vont également aux collaborateurs et partenaires impliqués.

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