Plateforme pour l’eau, le gaz et la chaleur
26. novembre 2021

Projet Ville éponge

«Pour moi, il est essentiel que nous sortions d’une pensée cloisonnée et que nous affinions la vue d’ensemble»

L’ingénieure en environnement Silvia Oppliger dirigera à compter de février 2022 le projet du VSA «Ville éponge comme outil de gestion de l’eau adaptée au changement climatique dans les zones urbaines». Elle se présente dans cet interview.
Paul Sicher 

Avec son initiative stratégique «Ville éponge», le VSA veut élaborer des aides et des normes concrètes pour soutenir les communes et les villes dans un aménagement urbain futur adapté au changement climatique. Pour ce projet d’une durée de trois ans, le VSA a noué de nombreux partenariats, mais il a aussi publié une offre d’emploi comme cheffe/chef de projet Ville éponge. Parmi les nombreuses candidatures reçues, son choix s’est porté sur Silvia Oppliger, qui dirigera donc le projet «Ville éponge». Elle prendra ses fonctions au VSA le 1er février 2022.

Silvia Oppliger, comment êtes-vous venue à la gestion des eaux urbaines ?

J’ai toujours été fascinée par l’eau. Au cours de mes études, j’ai pu approfondir mes connaissances sur l’eau et j’ai finalement rédigé mon mémoire de master sur ce sujet. Cependant, ce n’est qu’au moment de chercher un emploi que j’ai découvert la gestion des eaux urbaines : les offres d’emploi m’ont tout de suite attirée en raison des tâches passionnantes. Depuis, je travaille dans le domaine de la gestion des eaux urbaines et j’ai véritablement été conquise par la question de l’eau !

Vous travaillez dans des bureaux d’ingénieurs depuis 2012. Que retirez-vous de cette période ?

Dans le cadre de mes activités, j’ai découvert l’incroyable diversité des thèmes de l’assainissement urbain. Sur le plan professionnel, j’ai trouvé notamment les expériences de direction de projet passionnantes, de même que l’élaboration de plans généraux d’évacuation des eaux (PGEE) à l’échelon communal ou régional et la mise en place de projets stratégiques. Mon activité de conseil auprès de différentes communes m’a permis par ailleurs d’acquérir de l’expérience dans le domaine de la pratique des autorisations de construire.

« J’ai à cœur d’impliquer suffisamment tôt les spécialistes concernés des différents domaines. »

Chez mon dernier employeur, j’ai énormément apprécié l’échange vivant de connaissances au sein du bureau et au-delà des limites des sites et des domaines spécialisés. Cet échange permet finalement de développer une pensée en réseau et une collaboration interdisciplinaire. Cela m’a profondément marquée.

Quand êtes-vous entrée en contact avec le VSA pour la première fois ?

J’ai connu le VSA lors du cours de perfectionnement 2013 à Emmetten. À l’époque, j’ai dû remplacer mon chef au pied levé et j’étais inscrite sous le nom de «Daniel Baumgartner», au grand amusement de mes collègues.

À partir de 2014, j’ai eu ensuite l’occasion de participer à l’élaboration et la rédaction de la directive du VSA «Gestion des eaux urbaines par temps de pluie ». Plus tard, je me suis engagée comme intervenante dans les formations du VSA «Spécialiste de l’évacuation des eaux des biens-fonds» et «Spécialiste des données de l’assainissement urbain».

Quelle est votre impression du VSA ?

Avec Stefan Hasler, je vois le VSA comme une association bien établie et dynamique. En tant que spécialiste et «simple» membre de CC, on peut contribuer à façonner le VSA et le secteur et participer activement aux décisions, même si l’on est qu’une jeune ingénieure ou un jeune ingénieur. Je trouve cela très important et cela me plaît beaucoup.

« Les exemples de bonnes pratiques jouent un rôle essentiel à cet égard. »

Vous allez maintenant occuper le poste de cheffe du projet «Ville éponge» du VSA à partir de février 2022. Quelles sont vos motivations ?

Dans le cadre de l’élaboration de la directive «Gestion des eaux urbaines par temps de pluie », nous avons mis en avant ce que l’on appelle la «priorité 0» : comment gérer habilement les eaux pluviales pour éviter ou réduire autant que possible leur ruissellement et leur pollution ? Dans ce contexte, je constate régulièrement dans le cadre de mon activité qu’il est souvent beaucoup trop tard pour mettre en œuvre des solutions innovantes de gestion des eaux pluviales, compte tenu de la pratique actuelle des communes en matière d’autorisations de construire. J’ai à cœur d’impliquer suffisamment tôt les spécialistes concernés des différents domaines. C’est la seule façon de trouver dans la pratique des solutions durables, qui fassent leurs preuves aussi bien en cas de fortes précipitations que pendant les périodes de canicule, tout en favorisant la biodiversité. Et c’est là qu’entre en jeu le projet Ville-éponge du VSA.

Comment vous caractérisez-vous pour cette nouvelle fonction ?

J’aime le contact avec les gens, je sais les écouter activement et répondre à leurs besoins. Mettre en relation différents spécialistes issus de divers domaines et les rallier à un objectif commun est un élément qui me motive énormément. Mon multilinguisme m’aide beaucoup et m’a déjà permis de nouer de précieux contacts dans toutes les régions de Suisse. J’apporte aussi mon expérience en matière de formation des adultes.

Avez-vous déjà une idée concrète de ce que seront vos premières activités ?

La première réunion du groupe de suivi a lieu peu après mes débuts au VSA. Il sera très important à cette occasion de se rapprocher de tous les partenaires et d’instaurer une confiance mutuelle. De nombreuses idées de projets existent déjà. Nous allons rapidement les passer en revue et fixer les premières priorités, puis planifier et mettre en place l’ensemble du projet de manière plus détaillée. Cela implique également une bonne coordination au sein du VSA, notamment avec la révision du cahier des charges type du PGEE. Pour moi, il est essentiel que nous ayons une réflexion interdisciplinaire au sein de notre secteur de l’eau, que nous restions prêts à faire des compromis et que nous sortions d’une éventuelle pensée cloisonnée afin d’affiner la vue d’ensemble.

« Il sera très important à cette occasion de se rapprocher de tous les partenaires et d’instaurer une confiance mutuelle. »

Vous êtes-vous fixé des objectifs précis ? Quelles sont vos attentes ?

L’esquisse de projet donne déjà quelques indications. Il est important pour moi de poursuivre le développement du projet avec tous les acteurs concernés et de le mettre en œuvre concrètement. Mon idée est que, lors de la planification de la construction communale dans cinq ans, nous nous posions d’emblée la question de la gestion des eaux pluviales. Les exemples de bonnes pratiques jouent un rôle essentiel à cet égard. Ils doivent être mieux connus, même au-delà des frontières linguistiques. Je souhaite jouer le rôle de point de contact des acteurs de toute la Suisse pour les questions pratiques et contribuer ainsi à créer une plate-forme dynamique de l’eau. Grâce à une bonne collaboration interdisciplinaire, nous parviendrons à imposer les «bonnes pratiques» de la gestion de l’eau adaptée au climat en Suisse !

Nous vous remercions chaleureusement et vous souhaitons beaucoup de plaisir et de succès dans votre nouvelle fonction.

 

Portrait Silvia Oppliger

Silvia Oppliger est née en 1986. Elle a étudié les sciences et l’ingénierie de l’environnement à l’EPFL où elle a obtenu un master. En cours d’emploi, elle a suivi la formation de spécialiste «Évacuation des eaux des biens-fonds» et «Données de l’assainissement urbain». Depuis 2013, elle travaille comme cheffe de projet pour l’assainissement urbain chez Hunziker Betatech AG à Berne. Silvia Oppliger vit à Berne avec sa famille. Pendant ses loisirs, elle aime bricoler et faire de la musique.

Projet du VSA «Ville éponge»

De plus amples informations sur le projet «Ville éponge» sont disponibles sur le site Internet :
vsa.ch/fr/la-ville-eponge/

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