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17. septembre 2026

Reflets

Canicules et aléa, même combat!

En ces temps de sécheresse, il est rafraîchissant de rappeler que le VSA a publié de nombreux documents en lien avec la pluie. Il est grand temps désormais de s’occuper de l’autre conséquence dramatique des changements climatiques : les canicules. Comme pour l’aléa du ruissellement, la question n’est plus de savoir si ces événements vont se produire, mais plutôt à quelle fréquence, pour quelle durée et comment nous pouvons au mieux adapter nos agglomérations à ce phénomène
Luca Rossi 

Les premières analyses montrent que le printemps et l’été 2026 comptent désormais parmi les plus secs jamais enregistrés. Les conséquences sont dramatiques, au niveau humain, agricole, sur la production hydro électrique, la faune aquatique ... Mais aussi économique: la baisse du niveau du Rhin conduit à augmenter le prix de l’essence, plus d’un quart des carburants transitent en effet par ce fleuve.

Un seul mot d’ordre: il faut agir. Plusieurs types d’actions, immédiates et à long terme, sont proposées par le VSA.

Actions Ă  court terme

Les actions proposées et mises en œuvre dans le cadre de l’approche «ville éponge» du VSA ne sont pas uniquement bénéfiques pour les périodes de précipitations, mais apportent également une plus-value certaine pendant les périodes de sécheresse en milieu urbain. La présence de végétaux en ville permet de limiter les pics de chaleur en apportant un ombrage bienfaisant et une certaine source de fraîcheur via l’évapotranspiration. Ces solutions font désormais partie intégrante de tout développement ou réaménagement urbain. Le VSA élabore des aides concrètes et des standards pour soutenir les communes. La ville éponge nécessite cependant un travail d’équipe entre architecte, urbaniste, spécialistes de la mobilité, etc. Malgré ses effets dramatiques, espérons que la canicule de 2026 suscite des vocations parmi les différentes professions pour repenser nos villes. En complément, le projet «territoire éponge» de l’agenda 21 pour l’eau encourage une gestion de l’eau adaptée au climat en dehors des agglomérations. L’accent est mis sur les mesures qui renforcent la rétention d’eau dans le paysage et dans le sol, qui ralentissent le cycle de l’eau et qui contribuent ainsi à limiter les impacts des changements climatiques.

Le VSA s’intéresse également aux projets pilotes de réutilisation des eaux usées traitées. Encore légalement interdite en Suisse, cette pratique interpelle néanmoins lorsque la ressource «eau» devient rare et source de conflit d’usage. Un projet pilote est en cours à Yverdon, différentes initiative novatrices se mettent en place à Genève ou Fribourg. Affaire à suivre!

Actions Ă  long terme

La seule solution efficace pour lut-ter à long terme contre les effets des changements climatiques est connue: il faut réduire les apports de gaz à ef-fet de serre. Un des gaz contribuant à l’effet de serre est le N2O, connu sous le nom de gaz hilarant. Il est produit dans les stations d’épuration (2,5 % des émissions en Suisse) au niveau des bassins à boues activées. Il représente jusqu’à env. 70 % des gaz à effet de serre d’une STEP. Des initiatives se mettent en place pour traiter ce gaz, comme à Berne. La ville de Genève propose également des solutions intéressantes. Le guide «Gaz à effet de serre dans le secteur de l’assainissement» vient d’être pu-blié par le VSA sur ce thème. Des so-lutions techniques efficaces sont là.

Évidemment, des coûts sont associés à ces mesures. Pour les STEP, on parle de 10 CHF par habitant et par an spé-cifiquement pour atteindre l’objectif Net Zéro. 

Action politique

Au niveau politique, cette année 2026 échauffe aussi les esprits. Une initiative est réclamée par un groupe politique pour discuter une stratégie nationale de préservation des res-sources en eau. Plusieurs initiatives parlementaires ont été déposées par le passé. La Confédération travaille déjà sur une stratégie à long terme de gestion des eaux. Le rapport final est attendu avec impatience! 

Parmi les solutions évoquées dans les initiatives, la construction de nou-veaux barrages est mentionnée. Rap-pelons qu’un potentiel important de stockage existe déjà au niveau des sols et sous-sols: les actions de ville/terri-toire éponge vont dans le sens d’une meilleure utilisation de ce potentiel. Évidemment il faut tenir compte des disparités locales: chaque commune a un contexte différent. C’est égale-ment pour cette raison que le bilan hydrique, proposé dans les nouveaux PGEE, peut apporter une base de ré-flexions intéressantes. 

Pour lutter contre la sécheresse, cer-tains climatologues, comme Jean-Marc Jancovici, parlent d’effort de guerre climatique à mettre en œuvre. Ce terme peut faire peur, mais quelles autres options avons-nous? Il n’y a pas de plan(ète) B…

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