Le DDT dans l'agriculture, l'amiante dans le bâtiment, les CFC dans l'atmosphère, les PFAS dans l'eau : ces substances, parmi d'autres, ne se sont révélées nocives pour l'homme et l'environnement qu'après un certain temps. Afin de mieux éviter ce genre d’erreurs d’appréciation à l’avenir, l’UE a lancé le grand projet «PARC». Un projet d’envergure, car environ 350 000 produits chimiques différents sont fabriqués et utilisés dans le monde – et de nouveaux viennent sans cesse s’y ajouter. L’un des objectifs de PARC est de développer une boîte à outils comprenant des méthodes et des modèles permettant d’identifier et de prévenir les risques plus tôt (dès le tout début du processus de développement des produits chimiques). L’Empa participe, avec un groupe de recherche, à la sous-tâche «Safe and Sustainable by Design» (SSbD).
Le projet PARC en est à peu près à la moitié de sa durée de sept ans. Les chercheurs du volet SSbD ont déjà pu développer les premières versions d’une boîte à outils et les ont testées à la lumière des connaissances actuelles sur le bisphénol A (BPA). Contrairement à un produit chimique déjà connu, dont la dangerosité est avérée, la difficulté avec les nouveaux produits chimiques réside dans l’interprétation des données recueillies. Dans ces cas, il faut s’appuyer sur des estimations, des modélisations et des probabilités. Ce travail exigeant une grande expérience et des connaissances spécialisées, Bernd Nowack, chercheur à l’Empa au sein du département «Technologie et société» (co-responsable de la sous-tâche SSbD) est convaincu qu’à l’avenir, il faudra faire appel à des spécialistes spécialement formés («praticiens SSbD»), tant dans l’industrie que dans le secteur public.
Dans une prochaine étape, les chercheurs souhaitent examiner de plus près les processus de développement utilisés dans l'industrie pharmaceutique et l'agrochimie. Selon M. Nowack, l'approche «Safe by Design» y est déjà la norme. Par ailleurs, l’équipe de recherche souhaite à l’avenir collaborer davantage avec l’industrie, car le concept «Safe by Design» ne se limite pas à la recherche et aux autorités, précise M. Nowack. Selon lui, ce concept doit être pris en compte le plus tôt possible dans le processus de développement d’un produit chimique.
Le Partenariat européen pour l'évaluation des risques liés aux produits chimiques («Partnership for the Assessment of Risks from Chemicals», PARC) a pour objectif de faire progresser l’évaluation des risques liés aux substances chimiques et de mieux protéger ainsi la santé humaine et l’environnement. À cette fin, les autorités et les instituts de recherche collaborent dans neuf domaines thématiques différents. Plus de 200 partenaires issus de 29 pays y participent. En Suisse, ce projet d’envergure est coordonné au niveau national par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Huit instituts de recherche et trois offices fédéraux y participent : Agroscope, Eawag, Empa, l'ETH Zurich, l'Oekotoxzentrum, le Swiss Centre for Applied Human Toxicology (SCAHT), Unisanté, l'Università Svizzera italiana (USI), ainsi que l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) et le Secrétariat d'État à l'économie (SECO). Le projet PARC a démarré en 2022 et se poursuivra jusqu’en 2029.
Avec l'abonnement en ligne, lisez le E-paper «AQUA & GAS» sur l'ordinateur, au téléphone et sur la tablette.
Avec l'abonnement en ligne, lisez le E-paper «Wasserspiegel» sur l'ordinateur, au téléphone et sur la tablette.
Kommentare (0)